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Oeuvre de Henry GESEGNET, peintre Vernonnais qui a inspiré le personnage d'Henri VERGER.
LA DERNIERE TOUCHE PRESENTATION Maurice Morandeau est un personnage monolithique qui, sous les assauts de la tempête, ne plie pas. Personnalité extrême, il se veut libre et pour être libre, il choisit d’être seul. La solitude le protège de la souffrance car il est persuadé que celle ci se nourrit des sentiments passionnés que les êtres humains ne manquent pas d’échanger. Sa carapace d’égoïsme est sensée le protéger de tout ce qui pourrait le blesser. Il préfère une existence morne à une vie dans laquelle il ne parviendrait pas à maîtriser ses passions, ni ses haines, ni ses amours. C’est pour cette raison qu’il ne concède rien à un monde dans lequel il se sent parfaitement étranger, un monde de luttes mesquines, de contraintes permanentes, un monde enfin où l’autre est enfer. Pourtant, même si Maurice se considère comme le seul responsable de sa destinée, il lui faut cependant faire une concession de taille au monde qui l’entoure. Il doit travailler pour assumer ses modestes besoins personnels et se consacrer à la seule activité qui l’intéresse vraiment: la peinture. D’où cette contradiction étonnante : Morandeau travaille dans une usine sur une chaîne d’assemblage pour pouvoir se consacrer à son art le reste du temps. Et il s’acquitte avec sérieux de cette humble tâche au point que ses patrons lui proposent une évolution de carrière assortie d’une promotion. Maurice dans sa logique repoussera cette opportunité à la stupéfaction de ses camardes de travail. Il est un créateur, pas un producteur. Le travail pour lui n’a de valeur que s’il est création. Il est étranger à toute autre ambition.Si son statut d’ouvrier est une contradiction flagrante de cet homme, il en existe une autre qui concerne l’artiste - peintre et qui est non moins surprenante. Morandeau travaille pour lui, pour le plaisir de ses yeux et pour satisfaire son exigence personnelle, ce moteur interne qui doit le conduire vers la perfection. Il craint le regard des autres et leur jugement. De même se méfie t il de ses propres regards et de ses propres jugements comme après avoir livré le tableau que son frère lui avait demandé et qu’il décidera de ne plus regarder par peur d’y déceler des imperfections. Sa souffrance est à son comble quand,pour payer des dettes, il doit se séparer du tableau promis à sa concierge en ayant le sentiment de ne pas avoir achevé le travail. C’est en fait la peur de l’autre, la peur des souffrances que ses semblables pourraient lui causer par la critique qui est à l’origine de cette attitude fuyante. Quand Bergue, le propriétaire de la Galerie, lui propose d’exposer, sa première réaction est négative. Mais Bergue est un fin psychologue. Il connaît l’orgueil et la sensibilité de ces artistes. Après avoir vu le travail de Maurice, il tardera volontairement à le rappeler pour lui faire part de sa décision de mettre sur pied ou non une exposition Morandeau. Le silence de Bergue sera perçu comme un mépris insupportable par Maurice. Même s’il craint le regard des autres, il a quand même besoin de savoir... Le maître Henri Verger lui dira que la fonction d’un tableau est d’être regardé par les autres pour partager ou susciter une émotion. La peinture est le langage que Maurice a choisi et tout langage suppose un échange avec l’autre. L’autre ! Toujours l’autre ! Pourtant de l’enfer des autres peuvent surgir parfois des anges. Aux cheveux blonds et aux yeux clairs. Des anges qui vous prennent votre âme, dominent peu à peu vos désirs et occupent tout l’espace de vos pensées. L’amour aussi c’est l’autre qui s’installe en vous, vous habite et vous emplit de lui - même. Aimer est donc aussi une souffrance de tous les instants. Il faut lui plaire, ne pas le décevoir, être auprès de lui. (Quelle liberté possède l’être qui aime ?) Et quand il disparaît, l’être aimé laisse la trace de son passage. Ce sont alors les tourments d’une absence agissant sous la puissance impérieuse et incontrôlable des désirs que seul le temps à le pouvoir de faire taire. L’amour ne vous habite plus alors : il vous hante. Maurice a aimé une première fois. C’était Marie, la fille d’Henri Verger son maître. Marie se tue dans un accident. Après une longue période de souffrance, Claire croise son chemin. Pour elle, il commencera à changer. Mais le destin se répète. Claire décède accidentellement sous ses yeux au cours de la manifestation à laquelle il avait accepté de participer plus par envie d’être auprès de la jeune femme par une belle journée ensoleillée que par une réelle conviction revendicatrice. Là encore et pour la deuxième fois, il souffrira. Claire est pourtant à l’opposé de lui : c’est une militante syndicale et politique active tournée vers les autres alors que Maurice est réfractaire à tout engagement quel qu’il soit. Son propre frère , Jean, militant comme Claire ne parviendra jamais à le convaincre de la pertinence de leur lutte. Maurice n’est pas engagé politiquement car cela l’ennuie profondément comme il l’explique aux deux hommes qui se sont battus devant ses yeux indifférents dans le restaurant où il a choisi de dîner. (chapitre 2) Il refuse de se battre pour un travail qui n’a à ses yeux d’autre fonction qu’alimentaire. Pourtant sous les coups de boutoirs de la douleur, le peintre devra agir pour lutter contre le temps. Et pour extérioriser la souffrance qui le submerge. Il lui faut donc bien utiliser le langage qui est le sien, c’est à dire la peinture. Du coup ses tableaux vont se charger d’un message qui ressemblera à s’y méprendre à un engagement politique. En peignant le tableau de la manifestation qu’il accrochera lui même dans l’usine, en ceignant son bras d’un brassard noir, Maurice à son insu réalise son premier acte engagé alors que son objectif initial était sans doute d’exprimer la souffrance causée par la perte de celle qu’il avait fini par aimer plus que lui, plus que la peinture elle même. Son œuvre exaltera les valeurs que Claire défendait car ces valeurs appartenaient totalement à la jeune femme. Elles ne pourront que séduire ses camardes de lutte . C’est d’ailleurs avec une certaine admiration que ses camarades le verront quitter l’usine après son licenciement immédiat suite à une rixe avec Vernier En revanche, la classe sociale que la peinture de Maurice condamne sans qu’il en soit conscient le condamnera à son tour lors de l’exposition. Refusant toute compromission, tout combat, Maurice ne supportera pas d’être sanctionné par une critique bourgeoise qui cherche à s’auto-défendre. On verra nettement cette opposition dans le chapitre consacré à l’exposition. Maurice ressent de façon très aiguë ce qui lui semble être un « traquenard ». Non pas qu’il embrasse soudainement les thèses d’une idéologie quelconque car il refusera ultérieurement toute récupération de son œuvre et de son histoire d’amour avec Claire à des fins militantes. Son acte est un acte d’amour et pas un acte engagé au service d’un système quel qu’il soit.. Il refuse d’être manipulé, interprété, défendu ou adulé. Il ne véhicule rien d’autre que lui même et sa détresse. Sa vie lui semblera alors aussi absurde que la mort de Claire. Pas question de supplier une quelconque divinité. Ne criera-t-il pas au jeune curé en prière pour le salut de son âme qu’il est sa propre église ?.Sa confiance en Dieu étant aussi limitée que peut l’être celle qu’il éprouve pour le genre humain, il choisira de rejoindre celle qu’il aime derrière le miroir comme le symbolise son dernier tableau qui le représente aux côtés de la jeune femme dans un monde irréel. Il a décidé de poser la dernière touche de sa vie. Sa dernière volonté sera son seul véritable engagement : il demandera à son frère Jean de faire en sorte que sa mort soit utile... Si LA DERNIERE TOUCHE est aussi une histoire d’Amour, elle dépasse largement cette dimension. On peut trouver dans ce texte une réflexion sur de multiples points : la fonction de l’art, l’engagement politique, la relation aux autres ou à Dieu, la responsabilité de l’homme dans la conduite de son existence…On retrouvera ainsi dans ce roman certains thèmes de la philosophie sartrienne auxquels l’auteur reste attaché. Dans ses prochains romans, Gilles Langlois reprendra des personnages de « LA DERNIERE TOUCHE ».
Gilles Langlois
Un écrivain aux mutliples facettes...